Giboulées, retour de l’hiver puis offensive printanière : le mois de mars a des allures de montagnes russes ! Le gel peut succéder aux éclaircies puis être interrompu par une averse en quelques jours. Au jardin, cette alternance met à rude épreuve les plantes de vos massifs et potées. Quelles sont celles qui peuvent supporter stoïquement le mois de mars ?


Pluie, gel, soleil : quelles plantes supportent les caprices de mars ?
Quelle météo pour votre jardin en mars ?
C’est dans le mois de mars que tente de s’ouvrir
L’anémone sauvage aux corolles tremblantes
(Alfred de Musset)
Le mois de mars signifie printemps sur le calendrier… Mais qu’en est-il réellement au jardin ?
La transition hiver-printemps se traduit en effet par une température plutôt fraîche au nord de la Loire. Comptez entre 8 et 10°C, tandis que le sud tourne plutôt autour de 14-16°C, soit une différence assez marquée de 5 à 6°C.
La nuit, le thermomètre indique en moyenne entre 3 et 4°C en Ile-de-France et 6-7°C à Bordeaux ou 6-8°C à Cannes. Le Nord et l’Est demeurent également soumis à un risque de gelées jusqu’à fin mars, et quelques jours sous zéro sont encore possibles. En revanche, les littoraux méditerranéen et sud-atlantique ne subiront qu’exceptionnellement des gelées au jardin.

La pluie reste bien présente dans la partie septentrionale de la France en mars, avec une sensation d’humidité bien marquée. La pluviométrie est plus discrète dans le midi, avec environ 5 jours de pluie dans le mois. L’ensoleillement est a contrario plus généreux dans les territoires méridionaux, tandis que le soleil brille environ 4 h par jour à Paris.
A température constante, un cerisier du Japon dans le Languedoc fleurit deux à trois semaines avant le même arbre en région parisienne. À prendre en compte
Des plantes résistantes au froid
Le mois de mars n’est pas exempt de gelées, particulièrement si vous résidez au nord de la Loire. Or, ces coups de froid coïncident aussi avec l’arrivée des premiers bourgeons des arbres ou des semis en pleine terre.
C’est pourquoi mieux vaut anticiper en protégeant les plants existants, en repoussant certaines plantations, mais aussi en remplaçant celles qui ne survivraient pas aux gelées.

Dans un premier temps, continuez de prendre soin de vos plantes frileuses. Ne sortez qu’en journée les agrumes ou autres plantes du midi que vous avez hiverné dans la véranda ou sous serre.
Si vous possédez un bananier en pleine terre, n’ôtez pas tout de suite sa protection de feuilles. Laissez également son voile d’hivernage à un laurier-rose (ou tout autre méditerranéenne).
Soyez attentifs aux potées au mois de mars, car elles sont encore sensibles aux coups de gel tardifs : laissez la protection en polystyrène autour des pots, ou rassemblez-les le long d’un mur.
Des arbres et arbustes réchauffés

Continuez à protéger les arbres peu habitués au gel d’un voile de protection. Vous pouvez aussi continuer la plantation des arbustes et rosiers à racines nues. L’avantage ? Ils sont moins chers à l’achat et offrent de bonnes chances de reprise. Si vous habitez dans des régions fraîches, vous pouvez planter jusqu’à fin mars.
Des plantes de potées anti gel

Restez sur les peu frileuses pensées, primevères et autres plantes à feuillage pour vos potées de mars. Si vous avez pris le temps de le faire, elles accueilleront aussi les bulbes printaniers placés à l’automne dernier : muscari, jonquilles, tulipes botaniques… Font le miel de vos jardinières de mars.
Des vivaces pas frileuses

Continuez à surveiller l’arrivée des vivaces dans votre jardin. Si des coups de frais subsistent, passez en mode sauvetage avec des voiles d’hivernage. C’est aussi le moment de planter les bulbes d’été (dahlia, lys…) qui vont égayer vos massifs de juillet-août.
Des plantes qui résistent à l’eau et aux inondations
Le mois de mars est souvent accompagné d’averses soudaines, les giboulées. Le jardin se retrouve parfois sous l’eau rapidement et pour un certain temps. Or, l’afflux d’humidité étouffe les racines des plantes.
C’est pourquoi ce mois est recommandé aussi pour se lancer dans des travaux structurels de drainage pour contrer les inondations éventuelles.
Vous pouvez aussi opter pour des plantes hygrophiles, comme les fougères ou les astilbes : elles ne rechigneront pas devant quelques flaques d’eau. Pensez aussi à vous renseigner sur les jardins de pluie, ces espaces végétalisés sur des terres légèrement immergées.
Premiers soleils, premiers semis

Semez au début du printemps, mais pas n’importe comment !
Les semis en pleine terre sont possibles au mois de mars, mais mieux vaut bien choisir ses légumes ou fleurs pour ne pas griller ses chances de récoltes.
C’est pourquoi les jardiniers du sud de la Loire pourront débuter concombre, basilic ou courgette en pleine terre (mais réserver les cucurbitacées pour l’intérieur), tandis que ceux qui sont au nord de la Loire privilégieront les carottes et laitues. Les légumes à ratatouille (tomate, poivron, aubergine…) seront à semer sous châssis et sous serre au chaud.
Le plus simple consiste à consulter le calendrier des semis Willemse, puis à pondérer en fonction de votre région (2-3 semaines avant ou après en général), mais aussi en fonction de l’ensoleillement du début de printemps.
Qu’il pleuve ou vente, les bulbes de printemps résisteront sans problème aux assauts de mars. En revanche, patientez pour planter les arbustes à racines nues si on annonce du gel dans les prochains jours. Enfin, vous pouvez commencer quelques travaux pour accélérer le drainage de votre terrain.
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