Technique d’arrosage : comment fabriquer ses oyas soi-même ?

Système d’irrigation très ancien, l’oya brille par sa simplicité : cette jarre microporeuse plantée en terre permet d’arroser sans effort vos plantations.

Durable et économique, cette technique d’arrosage est aussi facile à mettre en œuvre au potager ou au verger. Voici comment adopter ces poteries tout terrain qui vous débarrasseront de la corvée d’arrosage au jardin.

Qu’est-ce qu’un Oya ?

Très en vogue depuis quelques années, l’oya ou olla (de l’espagnol Olla, pot) n’a pas beaucoup évolué depuis les temps antiques où ils ont été utilisés pour irriguer les cultures. Ces jarres en céramique ou en argile remplissent un seul usage : arroser en toute autonomie les plantes dans son périmètre proche.

Nul ne sait exactement dans quel coin de planète (on en voit en Chine, mais aussi en Grèce antique) l’idée de ces poteries enterrées a germé, mais une chose est sûre : ils ont vite fait florès. Après un moment d’abandon en raison de l’agriculture intensive, les paysans des zones arides ont réhabilité les oyas, très vite suivis par les jardiniers occidentaux.

Comment fonctionnent les oyas ?

Connaissez-vous le principe de la capillarité ? Ce phénomène physique contraint un liquide à monter le long d’un tube capillaire (comme dans un thermomètre par exemple) ou au travers d’un corps poreux. La capillarité est ainsi à l’origine de la montée de sève des plantes.

C’est aussi grâce à ce principe que les oyas peuvent diffuser la parfaite dose d’eau aux végétaux à proximité. Concrètement, l’eau contenue dans la jarre va se diffuser petit à petit aux racines en s’infiltrant à travers les micropores de la terre cuite ou de la céramique : de minuscules trous qui laissent passer les molécules d’H2O. La matière utilisée pour l’oya est donc déterminante pour la réussite de votre projet.

Schéma oya arrosage jardin

Pourquoi adopter les oyas ?

Les atouts des oyas sont nombreux : économique, durable, c’est un système d’irrigation parfaitement optimisé pour votre potager ou votre jardin.

Une solution économique

Un apport d’eau directement aux racines, dans des proportions idéales pour votre plante : l’oya se présente comme la solution la plus adaptée à vos plantes. En effet, en restant en sous-sol, l‘eau d’arrosage n’est pas soumise à l’évaporation, qui prélève une part non négligeable de l’eau des tuyaux d’arrosage. Qui dit moins d’eau, dit une facture allégée et une meilleure gestion des ressources hydriques, ce qui est tout bon pour la planète.

Une solution durable

Examinons l’empreinte écologique de notre oya : de la terre cuite ou de la céramique… et c’est tout ! Loin du tuyau plastique d’arrosage, l’oya est une alternative naturelle.

Autre avantage de l’oya : il rend vos plantes bien plus résistantes et autonomes. Côté système racinaire des plantes, cet arrosage ciblé renforcent les racines qui s’enfoncent mieux dans le sol. L’arrosage souterrain évite aussi de mouiller le feuillage. Or, des feuilles mouillées sont souvent vectrices de maladies comme le mildiou : vous préservez ainsi la santé de vos plantations.

Gagner en autonomie

Envie de partir en week-end en mai-juin ?  Pas de problème : il vous suffit de remplir suffisamment vos poteries avant de faire vos bagages. Au retour, vous n’aurez plus la crainte de retrouver un potager sec et des plants grillés.

Les plantes vont également se servir à leur convenance de l’eau : ainsi vos tomates vont absorber en continu leur dose d’arrosage sans intervention malheureuse de votre part conduisant au stress hydrique des plantes.

Les étapes de fabrication d’un oya

  • Munissez-vous d’un pot en terre cuite (non émaillée) et de sa soucoupe. Pour vérifier la porosité de l’oya, faites couler de l’eau dans votre pot et regardez s’il fonce à l’extérieur : il est poreux.
  • Assurez-vous que le trou de drainage est bien scellé, ou bouchez-le avec un bouchon de liège. Si vous craignez qu’il ne soit grignoté par les insectes, remplacez le bouchon par un fond de ciment ou un morceau de carrelage collé. Le résultat est moins écologique, mais aussi moins tentant pour les ravageurs.
jardinier remplit un oya avec un arrosoir
  • Disposez votre oya dans le secteur souhaité : éloignez-le du passage et à proximité de la plante que vous souhaitez arroser (plant de tomate, arbuste).
  • Creusez un trou dans le sol au diamètre de votre oya. Il faut laisser légèrement dépasser (de quelques centimètres seulement) votre pot enterré. L’oya ne doit ni bouger, ni être penchée : à vous de bien tasser la terre pour garantir une position parfaitement plane.
  • Il est temps de remplir votre contenant d’eau.
  • Recouvrez la potée de la soucoupe : couvrir le pot présente le double avantage de limiter l’évaporation et d’éviter la prolifération des œufs de moustique à la saison chaude.

Pour optimiser le fonctionnement de votre oya, paillez la terre autour : le paillis retiendra l’humidité et évitera de remplir trop souvent votre pot. Autre avantage, le paillage hivernal protègera votre contenant du gel et lui évitera de se fendre inopinément.

Bien calculer le nombre d’oyas pour votre potager : mesurez le diamètre de votre pot. Multipliez-le par 2 (3 si vous utilisez une jarre traditionnelle, plus pansue) pour connaître le périmètre d’intervention. Ainsi, une potée de 20 cm de diamètre pourra irriguer jusqu’à 40 cm autour de celui-ci. A vous ensuite de déterminer combien d’oyas vous avez besoin pour le jardin !

Quand placer les oyas au jardin ?

Evidemment, les oyas sont idéales à la saison chaude : vous pouvez vous débarrasser de la corvée quotidienne d’arrosage, sans que cela ne soit un drame pour vos rangs de légumes.

Mais les oyas se révèlent au final une solution 4 saisons. En automne-hiver, vous pouvez installer ces systèmes sur vos plantes d’intérieur desséchées par le chauffage central. Certes, ils demandent moins d’arrosage, mais les laisser sécher sur place n’est pas non plus une bonne idée. En revanche, ne remplissez pas d’eau vos oyas lorsque le gel menace : vous pourriez faire éclater la terre cuite, comme pour les poteries traditionnelles. Protégez-les au maximum sous une couche de paillis.

oya au fond d'un trou en terre au jardin

En avril, la terre qui doucement se réchauffe vous donne des envies de semis en pleine terre ou sous châssis : là encore, il vous faudra arroser régulièrement vos jeunes pousses pour qu’ils s’enracinent bien. Et si l’oya était la solution parfaite pour des semis robustes ? Une jarre au centre d’une planche de semis irriguera lentement les plantules et vous assurera un potager prolifique.

Conseils au jardin

Prenez quelques précautions avant de remiser dans votre abri vos tuyaux d’arrosage :

  • Les oyas sont assez fragiles : éloignez-les de votre chien et ne creusez pas trop à la pelle/pioche à proximité. Evidemment, les enterrer à proximité du passage (allée ou terrasse) n’est pas une bonne idée.
  • Leur faible rayon d’action oblige à multiplier les poteries au jardin, ce qui n’est pas très économique à terme. L’oya n’est pas non plus adapté si on cultive les légumes en rangées.
  • C’est un système fixe : une fois enterrée, l’oya dispense de l’eau dans un périmètre donné. Il vous faudra le déterrer pour le déplacer si besoin.
  • Les oyas sont adaptées pour les légumes feuilles ou fruits. En revanche, pour les légumes racines telles que les carottes ou les betteraves, l’arrosage souterrain n’est pas recommandé.

Les oyas sont-ils la panacée au jardin ? Si ils apparaissent comme une solution parfaite au jardin, ils ne sont pas pour autant exemptes de petits défauts. Toutefois, leur installation aisée et leurs bienfaits écologiques en font une alliée précieuse pour les carrés potagers et les petites planches potagères.

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