Pourquoi tailler les arbres fruitiers ?

Pourquoi faut-il tailler les fruitiers ? Pourquoi il ne faut pas forcément tailler les fruitiers ? Comment le faire ? À quelles périodes ? Nous allons aussi vous donner des moyens de prendre des décisions après l’observation de votre plante.

Par fruitiers, nous parlons ici des arbres fruitiers les plus courants que sont pommiers, poiriers, cerisiers, pruniers, mirabelliers, abricotiers, pêchers, figuiers, etc. Notez que pour les cerisiers, la taille est souvent inutile.

Pourquoi faut-il tailler ?

Contrairement à ce que veut la croyance populaire, tailler n’est pas automatique ! Il faut une intention claire quand on décide de le faire.

Il ne faut tailler que lorsqu’on a identifié un problème, ou qu’on en anticipe un. Si l’arbre produit déjà correctement, la taille ne lui apportera rien.

Les méthodes de taille anciennes étaient très dirigistes, puisqu’elles visaient à former l’arbre les quatre premières années pour lui donner une forme prédéfinie. Mieux vaut laisser garder sa forme libre et rectifier les petites erreurs de tir plutôt que de pratiquer des tailles sévères. C’est moins de boulot pour nous, et moins de traumatismes pour lui.

Les différents types de taille

Voici les intentions recherchées par un jardinier lors de la taille :

  • Limiter le nombre de bourgeons floraux pour obtenir moins de fruits, mais plus gros.
  • Limiter la hauteur de la plante pour faciliter la récolte.
  • Éliminer les branches trop anciennes qui ne produiront plus et celles qui n’ont pas d’avenir.
  • Diminuer le nombre de branches pour ne garder que les plus vigoureuses.
  • Enlever des branches pour éclaircir le feuillage et donc faire entrer la lumière.
  • Stresser la plante pour l’inciter à se reproduire.

Que regarder pour décider si on doit tailler ?

Il y a deux périodes durant lesquelles on doit se poser cette question : en fin d’hiver, et après la floraison.

Les questions à se poser en fin d’hiver :

  • Ma plante a-t-elle des branches qui se croisent, qui sont trop serrées, ou mortes ? Dans ce cas, il faut tailler une partie de branches principales, près du tronc.
  • Ma plante est-elle au contraire trop haute, est-ce qu’elle ne produit que du bois et des feuilles ? Si oui, alors il faut raccourcir les extrémités de toutes les branches.
  • Est-ce que je constate la présence de branches qui poussent en dessous du point de greffe ? Il s’agit des gourmands qu’il faut enlever, car ils ne sont pas de la bonne variété et ne feront pas de fruits.
  • Est-ce que je vois des branches très verticales qui poussent très vite ? Si oui, mieux vaut les enlever parce qu’elles vont utiliser beaucoup d’énergie et ne rien produire.

Les questions à se poser après la période de floraison

  • Est-ce que ma plante a fleuri ? Certaines années, pour cause de météo, les fleurs peuvent être vite dégradées, la pollinisation échoue, et forcément il n’y aura aucun fruit. Inutile de tailler dans ce cas.
  • Est-ce que je veux avoir de plus gros fruits, moins nombreux ? Dans ce cas, il faut compter les bourgeons à fruits par branche, et en réduire la quantité.

Les bons gestes !

Couper une branche n’est pas anodin pour un arbre ou un arbuste, il faut le faire au bon endroit, et sur les « bonnes » branches.
Vous l’ignorez peut-être, mais les arbres et les arbustes peuvent refermer leurs plaies. Ils forment un bourrelet cicatriciel qui reforme l’écorce sur la plaie. Seulement, contrairement à nous, le tissu capable d’opérer cette cicatrisation est très localisé. Il se situe à proximité immédiate de l’aisselle de la branche. Il faut donc toujours couper dans cette zone.

La première taille est bien placée, sans toucher ni la ride supérieure, ni le col de la branche. La seconde coupe est trop loin, un « chicot » de bois va subsister. La dernière coupe est trop proche, elle ne pourra pas se refermer.

Sachant cela, voici quelques conseils :

  • Il ne faut jamais tailler une branche dont le diamètre dépasse 10 cm. Cela prendra des années pour que le tissu cicatriciel recouvre la plaie, laissant une entrée pour les intrus.
  • Ne comptez pas sur l’efficacité des mastics et autres pansements. L’arbre va plutôt être gêné par leur présence et ne pourra pas refermer la plaie.
  • Une coupe bien faite se referme facilement. Il n’est pas nécessaire de mettre un « pansement » dedans qui va ralentir la cicatrisation.

Les principes à garder à l’esprit

L’expérience nous apprend que certaines décisions ne doivent pas être prises trop tard. Il est par exemple dommage d’attendre d’avoir un amas de branches de 5 cm de diamètre toutes agglomérées au cœur de votre arbre avant se décider à l’éclaircir. Anticipez ! En regardant votre plante, imaginez comment elle sera dans 5 ans, quand toutes ses branches auront grossi de plusieurs centimètres.
Cela peut paraître évident pour certains, mais il faut rappeler que les branches s’allongent par leurs bourgeons, pas par leur base. Donc, si vous voyez aujourd’hui à la base d’un arbre ou d’un arbuste un fouillis de branches, ça ne s’arrangera pas dans le temps. Elles ne s’espaceront pas miraculeusement.

calendrier des travaux du verger fruitier

Pour faciliter la cueillette, on ne peut que conseiller de ne pas laisser son fruitier former « une flèche ». Plus il se ramifie bas, mieux c’est.

Enfin, pensez toujours à la taille que votre arbre ou votre arbuste atteint dans son milieu naturel. S’il reste naturellement petit, inutile de raccourcir ses branches. À l’inverse, s’il veut devenir très grand, raccourcissez régulièrement les branches les premières années.
Voilà, pour débuter, vous connaissez l’essentiel.

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