La faune du jardin : les petites bêtes du jardin et leur intérêt

Lorsque nous avons la chance de posséder un jardin, nous ne sommes pas uniquement responsables de la santé et du bien-être de nos plantes. Il existe en effet tout un écosystème et une biodiversité qui s’y épanouissent. Si certaines espèces sont visibles avec un peu d’attention, une grande majorité reste très discrète, à moins de faire preuve de curiosité. Alors à quoi ressemble la faune du jardin ? Découvrez toutes ces petites bêtes qui peuplent nos espaces verts et leur intérêt.

Les « grosses » petites bêtes

Le hérisson

Espèce protégée et dont la population ne cesse de décroître, le hérisson est un habitant essentiel de nos jardins. Cette petite boule de piquants possède en effet un bel appétit et n’hésite pas à s’attaquer à de nombreux ravageurs comme les chenilles, les limaces, les escargots et autres invertébrés.

Le crapaud

Ce batracien terrestre n’a pas toujours bonne presse auprès des jardiniers, accusé de s’attaquer aux fruits et légumes du potager et toujours victime des vieilles histoires de sorcières. Pourtant, le crapaud est majoritairement insectivore et il est très utile dans la régulation des invertébrés au jardin, y compris ceux qui peuvent nous mener la vie dure comme les limaces.

Les oiseaux

Probablement les résidents les plus visibles de nos espaces verts, les oiseaux sont également d’excellents régulateurs des populations d’insectes en tout genre. Quelques arbustes à baies, ainsi que des boules de graisse en hiver devraient suffire à les attirer chez vous.

Les invertébrés sont nos amis

La coccinelle

Auxiliaire de culture bien connu des jardiniers pour son rôle dans la lutte contre les pucerons, la coccinelle se repère facilement avec son dos rouge ponctué de noir. Moins connue, la larve de la coccinelle mérite pourtant d’être bien identifiée et protégée. En effet, plus vorace, elle peut ingurgiter jusqu’à 30 fois plus de pucerons qu’un adulte. Pour la reconnaître, elle possède un corps allongé. L’une des extrémités se termine en pointe, quand l’autre possède 6 pattes, très proches de la tête. On peut également observer des taches orange sur le côté.

La chrysope verte et ses larves

Si les adultes se nourrissent de nectar et de pollen, contribuant ainsi à la pollinisation, les larves, quant à elles, s’attaquent à différents invertébrés et particulièrement aux pucerons.

Elles peuvent ainsi dévorer de 200 à 500 individus avant de devenir adultes.

Le cloporte

Son allure n’est pas spécialement avenante et nous ne sommes pas toujours ravis de le retrouver dans nos maisons. Pourtant, le cloporte est un élément indispensable dans le recyclage de la matière organique. Ainsi, en tant que détritivore, il se charge d’éliminer les déchets végétaux comme les feuilles tombées au sol, le bois mort ou les résidus de tontes, afin de les rendre de nouveau assimilables par les plantes.

Le lombric ou ver de terre

Tout comme le cloporte, le ver de terre est important dans la transformation de la matière organique, en convertissant les déchets végétaux en minéraux indispensables au bon développement des plantes.

Cependant, ce n’est pas son seul intérêt au jardin. En effet, en creusant ses nombreuses galeries, qui peuvent aller jusqu’à 2 mètres de profondeur, le lombric joue un rôle d’aération de la terre et facilite la pénétration de l’eau de pluie dans le sol. Ce dernier devient alors moins imperméable.

La bêche et le travail du sol en profondeur sont les grands ennemis du ver de terre. C’est pourquoi, il est préférable d’intervenir le moins souvent possible et si nécessaire d’utiliser une grelinette.

Le perce-oreille

Petit insecte facilement reconnaissable avec ses pinces situées à l’extrémité de son abdomen, le perce-oreille possède un rôle ambivalent. D’aucuns lui reprocheront de s’attaquer aux plantules, aux pétales et aux étamines des plantes, mais ce serait oublier le travail d’auxiliaire de culture qu’il peut jouer en mangeant les pucerons, les thrips, voire les mouches.

La larve de cétoine dorée

Là aussi, nous avons affaire à un spécimen ambigu. Ainsi, la larve de la cétoine dorée est un excellent détritivore que l’on retrouve souvent dans les tas de compost. Mais certains jardiniers opposeront les attaques sur les fleurs des fruitiers et autres arbustes dont les adultes mangent les étamines et les pétales. Cependant, les dégâts restent minimes au regard du rôle des larves dans le recyclage de la matière organique.

À noter que la larve de cétoine dorée peut facilement être confondue avec celle du hanneton qui s’attaque aux racines. Cette dernière possède de longues pattes et peut marcher, contrairement à la larve de cétoine dorée dont les pattes sont trop petites et qui se déplace en ondulant.

Les fourmis

Pour continuer la liste des invertébrés au rôle ambivalent, on peut citer la fourmi. En effet, si cette dernière peut s’avérer être une grande prédatrice de ravageurs, elle est également capable de causer un certain nombre de désagréments parmi lesquels :

  • des attaques sur les fruits, et notamment les fraises ;
  • la perturbation de la croissance des jeunes semis en remuant la terre à proximité ;
  • et surtout, faciliter la prolifération des pucerons ; ces derniers étant littéralement élevés comme du bétail par les fourmis qui raffolent du miellat produit par ces insectes suceurs.

Les pollinisateurs

Les abeilles, bourdons et papillons

Est-il réellement besoin de présenter ces précieux auxiliaires de culture ? Ces infatigables travailleurs permettent à nos potagers et à nos vergers de produire leurs tant convoités fruits et légumes.

Seul paradoxe concernant le papillon : ses chenilles qui, bien qu’indispensables pour obtenir le fameux lépidoptère, peuvent affaiblir voire détruire de nombreux végétaux.

Les syrphes

On les reconnaît facilement à leur vol stationnaire et leurs brusques changements de direction. Certains d’entre eux peuvent être confondus avec les guêpes, voire les bourdons à cause de leur abdomen strié de jaune et de noir. Excellents pollinisateurs, leurs larves sont également de précieux auxiliaires dans la lutte contre les pucerons.

Les guêpes

Les piqûres ou les repas gâchés par une invasion ont contribué à donner une mauvaise réputation aux guêpes. Il est toutefois possible de cohabiter avec elles, si le nid se situe en hauteur ou loin de votre maison. En échange, la guêpe est une excellente chasseuse et peut capturer 1000 à 2000 mouches et chenilles durant sa vie, afin de nourrir ses larves. Les adultes, en visitant les fleurs, contribuent également à la pollinisation.

Les staphylins

Ces coléoptères ont souvent tendance à relever leurs abdomens à la façon des scorpions lorsqu’ils se sentent menacés. Cependant, rassurez-vous, ils sont parfaitement inoffensifs pour l’homme et vous risquez simplement une petite morsure si vous vous amusez à le prendre avec vos doigts.

Au jardin, ils sont très efficaces pour gérer les invertébrés situés dans la litière du sol. Les staphylins s’attaquent ainsi aux escargots, limaces, larves de tipules et autres vers gris. Certaines espèces, plus petites, pouvant grimper ou voler sur les végétaux dévorent également les cochenilles, les acariens (pucerons, araignées rouges) ou encore les chenilles.

Bien évidemment, cette sélection est (très) loin d’être exhaustive. À travers elle, nous espérons simplement avoir éveillé votre curiosité et votre intérêt pour ce monde merveilleux, mais si méconnu, que constitue la faune du jardin.

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