Tout savoir sur les rosiers : maladies, parasites et traitements

Votre rosier n’a pas la forme. Il fleurit de manière aléatoire. Vous vous dites que c’est surement un peu votre faute, car vous ne savez pas bien le tailler ou qu’il n’a pas l’engrais qu’il lui faut ?
Pas du tout ! Les rosiers sont réputés très fragiles. Par conséquent, à moins de se transformer en super jardinier qui traite, fertilise et taille à tour de bras, le résultat n’est pas toujours au rendez-vous.

Nous vous proposons de mettre en perspective ce qui vous arrive au jardin face à votre rosier récalcitrant.

Pourquoi les rosiers sont si facilement malades ?

Une grande famille, ça facilite le développement des parasites.

Le Rosier appartient à une famille de plantes tentaculaire, qui est celle des Rosacées. Cette famille réunit une centaine de genres botaniques et plus de 3000 espèces. Elle compte aussi bien les ronces que les pruniers, les pommiers, les cerisiers, les pyracanthas…

Autant de genres et d’espèces qui sont très présents dans nos jardins.

Pourquoi est-ce un problème pour le rosier d’un point de vue sanitaire ? Tout simplement parce que la plupart des maladies sont « spécifiques « d’une espèce, d’un genre ou de plusieurs genres au sein d’une même famille. La probabilité que par mutation naturelle une maladie s’adapte et se transmette à une espèce génétiquement proche est forte.

Résultat des courses, le rosier est donc susceptible d’être attaqué par pas moins de trois maladies cryptogamiques qui lui sont spécifiques : rouille, oïdium, taches noires, mais aussi par des ravageurs comme les pucerons – qui facilitent la formation de la fumagine qui abîme les feuilles – chenilles de tenthrèdes, chenilles d’hibernie défeuillante, mégachiles, cochenilles, cécidomyies, etc.
Quand on sait que certaines espèces de plantes n’ont aucun ravageur connu, le cas du rosier fait penser à de l’acharnement…

La vulnérabilité des rosiers est liée à de multiples causes

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Deux aspects influent sur la fragilité ou la résistance globale d’un rosier : son origine génétique et son mode de multiplication horticole.

Beaucoup de variétés de rosiers furent inventées juste pour produire de la fleur.

Toutes les variétés ne sont pas égales vis-à-vis des maladies, loin de là. Si les roses sont cultivées depuis l’antiquité en Europe, l’invention d’un grand nombre de nouvelles variétés a commencé à la fin du XVIIIe siècle et s’est intensifiée au XIXe siècle. C’est de cette période que datent la plupart des roses dites « anciennes » – avant 1867. À ce moment, on cherchait des roses parfumées, plus grosses, et avec de nouveaux coloris. Les sélections ont continué jusqu’à aujourd’hui à un rythme soutenu pour alimenter cet attrait pour la rose.

Au XXe siècle, la culture des rosiers est devenue traditionnellement une culture de plants assistés à tous les stades pour produire de la fleur. Pesticides, engrais, et arrosages sont devenus intimement liés à cette culture, et beaucoup de nouvelles variétés ont été créées pour être cultivées de cette manière. On a donc développé des cultivars fragiles ayant besoin d’être traités pour survivre.

Il faut avoir à l’esprit que le cahier des charges de l’obtenteur dépend de la demande et de ce qu’il sera capable de commercialiser. On a ainsi développé à partir des espèces botaniques provenant du monde entier des rosiers « remontants », des nains, des rampants, des grimpants, des sarmenteux, des rosiers à fleurs plates, doubles, triples, en coupe, arrondies, en pompons, en rosettes, à cœur turbinées, etc.

Mais le fait que les feuilles ne soient pas malades sans traitement et qu’ils résistent à des tailles approximatives n’est devenu un argument de vente que récemment – avec les collections Meilland décor (TM) ou Décorosiers(TM). Ces collections de rosiers développées dernièrement ne visent pas nécessairement le marché des collectionneurs, mais celui des aménageurs d’espaces publics qui désirent maintenant pouvoir cultiver des roses plus résistantes, en faisant au passage des économies sur l’entretien. Ils sont donc beaucoup moins fragiles, les fleurs sont nombreuses, mais plus simples ou moins originales.

Greffer, c’est cloner

Comme beaucoup de variétés de rosiers sont fragiles et peu vigoureuses, les producteurs de plants préfèrent les greffer sur des porte-greffes d’espèces botaniques très adaptées aux conditions régionales – Rosier des chiens en tête, mais aussi Églantier à feuilles coriaces ou Églantier couleur de rouille.

Du choix de ce porte-greffe et de la qualité de la greffe dépendent la vigueur du rosier ensuite et son adaptation aux conditions locales.

Un porte-greffe qui a été produit dans une pépinière proche de chez vous donnera de meilleurs résultats.

Rosier anglais Boscobel-David-Austin-sur-un-porte-greffe

Par la greffe – qui consiste à prendre une branche ou un bourgeon sur un pied-mère et à le greffer sur la racine ou le tronc du porte-greffe – on procède en fait à un clonage.

On ne repasse pas par le stade graine, qui permet de renouveler le pool génétique, mais on prolonge la vie du pied-mère.

Heureusement, les rosiers sont pour la plupart polyploïdes – ils possèdent entre 2×7 à 8×7 chromosomes – si la génétique n’est pas votre fort, cela veut dire qu’il y a du surplus de chromosomes, des gènes redondants.

Rosier et engrais font-ils bon ménage ?

Le rosier des chiens qui sert souvent de porte-greffe pousse tout seul à la lumière dans les terrains argilo-calcaires ordinaires, pas trop humides, peu humifères et moyennement riches en nutriments. Il s’adapte facilement et s’associe aux champignons du sol pour survivre dans des terrains inhospitaliers.
La greffe qu’on lui a adjoint est plus délicate – il lui faut du magnésium pour lutter contre les maladies, et de l’azote ainsi que du phosphore, et de la potasse. Pour résumé, c’est contraignant ! Une « bonne plante », une fois plantée dans un sol qui lui convient, ne devrait pas avoir besoin de fertilisant pour produire des fleurs. Elle devrait puiser dans le sol au rythme où celui-ci décompose la matière organique et régénère les nutriments. Il est possible de s’organiser avec des apports mesurés de fumier et de marc de café au pied… cela va favoriser la germination d’un cortège de plantes nitrophiles.

Transplantation d'un rosier dans un sol humide en ajoutant de l'engrais granulé

Entretien des rosiers : Quelles sont les erreurs fréquentes ?

  • Dans 4 cas sur 5, si vous avez des maladies cryptogamiques et des ravageurs sur votre rosier, c’est qu’il y a une cause physiologique sous-jacente. Les plus communes sont : un sol mal adapté ou en mauvaise santé, un manque de lumière et de nutriments.
  • Ne taillez pas « pour tailler » : il faut savoir ce que vous souhaitez obtenir. La technique traditionnelle « à trois yeux » favorise la production de quelques grosses fleurs pour l’effet whaou. Mais si vous voulez juste un rosier pas trop touffu et raisonnablement fleuri vous n’êtes pas obligé de tailler si sévèrement. Raccourcissez de moitié chaque année, coupez les branches qui s’enchevêtrent et ce sera déjà très bien. Il est aussi très pertinent d’enlever les fleurs fanées régulièrement.
jardinier-taille-un-rosier-dans-un-jardin
  • Les traitements systématiques à la bouillie bordelaise pour se débarrasser des dégâts sur le feuillage de votre rosier tuent aussi les mycorhizes du sol. Il s’agit de champignons symbiotiques qui augmentent considérablement l’efficacité du travail des racines. Attention à long terme cela vous sera préjudiciable et vous obligera à fertiliser de plus en plus.
  • Contrairement aux croyances populaires, les sols argileux sont fertiles. Les rosiers adorent ça à condition d’avoir un peu de sable, et du calcaire.
  • Votre rosier n’est pas une machine à fabriquer des fleurs. C’est un organisme vivant qui fixe lui-même ses priorités en fonction des conditions de son développement. Donc si une année il n’est pas en forme et ne remplit pas son « quota » de fleurs, ce n’est pas forcément la fin du monde.
  • Ce n’est pas parce que quand vous l’avez acheté votre rosier portait déjà une fleur – surement savamment obtenue par un apport calculé d’engrais et de lumière – qu’il va forcément pouvoir refleurir après la plantation. Laissez-lui le temps de s’installer, de s’associer avec les micro-organismes du sol, et de bien développer ses racines. C’est essentiel !
  • Le rosier n’est pas une évidence dans un extérieur. On voit trop souvent des rosiers malheureux dans un coin de cour ombragé ou sec. Choisis parce qu’ils sont « la fleur Reine », et que leur propriétaire pense que si on n’a qu’une plante au jardin, il faut que ce soit un rosier. Il lui faut un emplacement lumineux pour qu’il s’épanouisse et puisse s’exprimer pleinement.
  • Les rosiers n’ont jamais trop de lumière – au pire, ils n’ont pas assez d’eau. Si la lumière est insuffisante, ils vont former des tiges looooongues, peu ramifiées, avec beaucoup d’espace entre les feuilles… Et ils feront juste quelques fleurs éparses.

La liste des problèmes et des solutions pourrait s’étendre, mais les points essentiels ont été abordés. Vous avez des pistes pour comprendre ce qui se passe avec votre rosier. En résumé, si on se procure un rosier bien adapté, qu’on ne le brutalise pas à la plantation et qu’on ne lui en demande pas trop… tout ira bien dans votre jardin.

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