En jardinage, l’application d’un paillis sur le sol a souvent rempli un double rôle : empêcher les mauvaises herbes de trop se développer et embellir les massifs ou les bordures. Cependant, avec le réchauffement climatique et les épisodes secs de plus en plus nombreux, une troisième fonction du paillage a davantage été mise en lumière : économiser l’eau en réduisant l’évaporation de l’humidité dans le sol. Le paillage possède donc de nombreux avantages, et les jardiniers ont tout intérêt à s’en servir. Et comme Dame Nature fait bien les choses, voici une liste de 5 matériaux naturels pour pailler sans se ruiner.

5 matériaux naturels pour pailler sans se ruiner
Pourquoi pailler avec des matériaux naturels ?
Contrairement aux bâches plastiques ou aux films synthétiques, les paillis naturels présentent de nombreux avantages :
- Écologique : issus de ressources renouvelables et biodégradables, ils s’intègrent dans le cycle naturel du sol.
- Économique : souvent disponibles gratuitement ou à faible coût, ils permettent de recycler des déchets verts ou agricoles.
- Pratique : ils améliorent la structure du sol, réduisent le désherbage en contraignant la croissance des mauvaises herbes, limitent l’évaporation de l’humidité de la terre et donc les arrosages. En hiver, ils protègent également les racines de vos plantes des assauts du gel.
- Esthétique : ils habillent avantageusement les massifs, le potager ou les pieds de vos arbustes.

Quel matériau naturel choisir pour un bon paillage ?
Un bon paillis doit à la fois protéger le sol, s’adapter au type de plantation et s’harmoniser avec l’esprit du jardin. La clé est donc de choisir le matériau adéquat, en fonction de ses besoins et de ce dont on dispose.
1. Les feuilles mortes : l’or gratuit de l’automne
Tous les ans, lorsque l’été décline et que l’automne installe ses quartiers, les arbres nous offrent une ressource précieuse : les feuilles mortes. Aussi, plutôt que de les éliminer en les envoyant en déchetterie, pourquoi ne pas les utiliser pour protéger vos plantations et enrichir le sol ?
Où les trouver ? Dans votre jardin, s’il est suffisamment grand pour accueillir un ou des arbres, chez vos voisins, ou même dans les parcs communaux (avec autorisation). C’est sans doute le paillage le plus économique et accessible !

Atouts : riches en nutriments, elles se décomposent rapidement et nourrissent la terre. De plus, elles abritent toute une microfaune essentielle à un écosystème équilibré.
Utilisation : répandez-les en une couche de 10 à 15 cm au pied des massifs, des haies ou dans le potager. Pour accélérer leur décomposition, broyez-les avec une tondeuse avant de les étaler.
Astuces : évitez d’utiliser uniquement des feuilles épaisses ou coriaces comme celles du platane ou du chêne, qui mettront plus de temps à se décomposer. Mélangez-les avec d’autres essences pour un équilibre idéal. De plus, assurez-vous qu’aucune maladie ne s’est développée, afin de ne pas la propager.
2. Les tontes de gazon : un matériau naturel abondant pour un paillage régulier
Les résidus de tonte constituent une autre matière première gratuite, souvent produite en grande quantité au printemps et en été.
Où les trouver ? Chez vous, après chaque tonte, ou chez vos voisins. Nombre d’entre eux seraient probablement ravis de se débarrasser de leurs sacs d’herbe fraîche.
Atouts : riches en azote, les résidus de tonte nourrissent efficacement le sol grâce à une décomposition rapide. Très efficaces pour garder l’humidité, ils sont parfaits pour le potager ou les jeunes plantations.

Utilisation : étalez les tontes en fine couche (2 à 3 cm maximum) pour éviter la fermentation et la formation d’une croûte étouffante. Vous pouvez renouveler l’opération régulièrement au fil des tontes.
Astuces : laissez sécher l’herbe quelques heures avant de l’utiliser. De plus, pour limiter les phénomènes de fermentation ou de formation de croûte, n’hésitez pas à remuer de temps en temps le paillis, afin d’y faire circuler un peu d’air.
3. Les copeaux et le Bois Raméal Fragmenté (BRF) : valoriser les tailles d’arbustes
Dans leur cycle de vie, arbres et arbustes ont besoin d’être taillés. Que ce soit pour conserver une certaine dimension ou éliminer des rameaux gênants, voire dangereux. Les branches issues de ces tailles ne sont pas des déchets et peuvent être une ressource précieuse. En les passant au broyeur, vous obtiendrez des copeaux de bois (aussi appelés broyat) ou du BRF, en fonction de leur grandeur et de la période de taille.
Où les trouver ? Directement dans votre jardin après une taille, ou en demandant à une entreprise d’élagage qui se débarrasse souvent de ses copeaux. Certaines déchetteries en proposent même gratuitement. N’hésitez pas à vous renseigner.

Atouts : ils protègent efficacement le sol sur le long terme (1 à 3 ans), freinent l’apparition des mauvaises herbes et améliorent la structure de la terre. Le BRF, riche en nutriments, stimule la vie microbienne et favorise un sol fertile.
Utilisation : disposez une couche de 5 à 8 cm au pied des arbustes, fruitiers ou massifs d’ornement. Le BRF convient aussi très bien au potager.
Astuces : en général, il est conseillé de privilégier les essences de feuillus plutôt que les résineux (thuyas, cyprès…), dont la décomposition plus lente peut acidifier le sol. Certaines études* tendent néanmoins à démontrer que leur impact, loin d’être négatif, peut même être bénéfique sur la composition et la biodiversité du sol. Comme souvent, au jardin, le mieux est peut-être de faire vos propres expériences.
4. La paille : le paillage des potagers
Premier matériau naturel utilisé pour protéger les sols, c’est à elle que l’on doit le terme de “paillage”. Simple, efficace et bon marché, la paille est l’un des paillis les plus répandus, notamment dans les potagers.
Où la trouver ? Chez les agriculteurs locaux, souvent à des prix imbattables. Certaines jardineries en proposent aussi en petits ballots.
Atouts : légère et facile à étaler, elle protège aussi les fruits et légumes (fraises, courgettes…) en les isolant du sol humide.

Utilisation : étalez une couche de 10 à 15 cm au pied des légumes, des petits fruits, et même des arbustes. Renouvelez si nécessaire en cours de saison.
Astuces : évitez le foin, qui contient souvent des graines et risque de favoriser l’arrivée d’adventices.
5. Les aiguilles de pin : moins abondantes, mais plus durables
Si vous habitez près d’une pinède, vous avez accès à un paillis naturel et gratuit (ou presque) : les aiguilles de pin.
Où les trouver ? Directement sous les pins ! Ramassez-les après un coup de vent ou à la fin de l’automne. Il est même possible de trouver quelques annonces sur internet à des prix intéressants.
Atouts : elles forment un tapis léger, esthétique et résistant, idéal pour protéger le sol sur plusieurs mois. Leur lente décomposition en fait un paillis durable. Elles seraient aussi particulièrement adaptées aux plantes acidophiles (rhododendrons, hortensias, camélias, myrtilles…). Mais là encore, des études* tendent à remettre en question cette opinion largement répandue dans le monde du jardinage.

Utilisation : disposez-les en couche de 5 à 8 cm autour des plantes de terre de bruyère ou dans les allées pour éviter la pousse des herbes indésirables.
En bonus : mélangez les matériaux pour un paillage sur-mesure
Aucun des matériaux naturels cités précédemment n’est idéal à 100 %. En effet, le gazon est très riche en azote, mais, en excès, cet élément peut être mauvais. A contrario, le broyat (un peu moins le BRF), la paille ou les feuilles mortes vont provoquer une “faim d’azote” pour les jeunes plantes. Ce phénomène apparaît lorsque la faune et microfaune du sol puisent l’azote de la surface de la terre pour décomposer les éléments du paillis riches en carbone.
Vous l’aurez deviné, la solution consiste simplement à mêler les paillis entre eux pour créer le meilleur équilibre possible. Le plus souvent, il s’agira de mélanger les déchets de tonte de gazon avec soit des feuilles mortes, soit de la paille ou du broyage. Ces associations permettront ainsi d’optimiser la fertilité de votre sol, tout en recyclant un maximum de matières disponibles.
* Source : « Les résineux, une mauvaise réputation injustifiée », septembre 2019
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