Avec l’arrivée des premières gelées, protéger ses plantes devient une priorité pour de nombreux jardiniers. En effet, les températures hivernales peuvent provoquer la mort des branches les plus fragiles voire de la plante entière lorsque les racines sont touchées. Ceci est d’autant plus vrai pour les végétaux nouvellement plantés. Il existe cependant une solution simple, naturelle et durable à ce problème : le paillage. Découvrez dans notre guide tout ce qu’il faut savoir sur les différents paillis afin de bien protéger vos plantes du froid.

Protéger vos plantes du froid : Le guide du paillage idéal pour l’Hiver
Qu’entend-on par paillage ?
Le paillage est l’action de pailler le sol, c’est-à-dire de déposer une couche de matière organique pour le protéger. Initialement, on utilisait de la paille, d’où le nom. Attention, il ne doit pas être confondu avec le paillis qui, lui, correspond à la couche déposée sur la terre.
D’une manière générale, lorsque l’on évoque le paillage, on parle souvent de matières végétales. Avec le temps, le minéral (ardoise, marbre, pouzzolane…) a fait son apparition, mais il n’en sera pas question dans ce guide.

Quels sont les avantages du paillage ?
En été, le paillage est bien connu pour limiter l’évaporation, mais il joue un rôle tout aussi important en hiver. En plus de réguler la température du sol, il crée une barrière isolante qui empêche les racines de geler. De plus, les paillis organiques apportent progressivement des nutriments au sol, nourrissant ainsi vos plantes en douceur tout au long de l’année.

Isolation thermique
Lorsqu’un froid intense et soudain survient, le sol peut se refroidir rapidement, exposant les racines à des variations de température trop rapides pour elles. Le paillage crée une couche isolante qui limite cette exposition directe, offrant au système racinaire une protection durable.

Réduction de l’érosion
L’hiver n’apporte pas que le froid. Il est également synonyme de précipitations plus ou moins nombreuses et fortes. Elles peuvent alors mettre à nu les racines, les exposant un peu plus aux gelées et réduisant la fertilité du sol. Une couche de paillis évite ce problème en maintenant le sol en place et en préservant son intégrité.

Favorise la vie microbienne et nourrit le sol
Même en hiver, une faible activité microbienne persiste sous terre. Les paillis organiques, en se décomposant lentement, maintiennent cette vie souterraine. Ils fournissent également un refuge aux insectes auxiliaires comme les lombrics, qui sont essentiels pour l’aération du sol.

Ralentit la croissance des mauvaises herbes
En bloquant la lumière du soleil, le paillis empêche la germination des graines indésirables, ce qui limite le désherbage au printemps. De plus, vos plantes ont alors moins de concurrence pour capter les ressources minérales du sol et se développent mieux.
Quels types de paillis utiliser en hiver ?
La liste des paillis disponibles à la vente est longue, rendant le choix compliqué. Sachez qu’à de rares exceptions près, tous les paillis se valent. À vous d’opter pour la solution la plus pratique, économique ou esthétique pour vous.

Feuilles mortes
Abondantes en automne, les feuilles mortes constituent une solution économique et efficace pour protéger vos plantes en hiver. Riches en nutriments, elles se décomposent lentement, assurant une protection tout au long de l’hiver.
Privilégiez néanmoins les feuilles bien sèches et non malades. Ensuite, broyez-les légèrement pour éviter qu’elles ne forment un lit compact qui étoufferait le sol. Enfin, épandez-les en couche de 5 à 10 cm autour des plantes.

Paille
La paille est idéale pour les plantes potagères et les jeunes arbustes. En effet, elle est légère, aérée et offre ainsi une bonne isolation. Ces caractéristiques en font également une bonne solution pour les sols sensibles aux tassements.
Optez pour une paille de qualité, exempte de graines. Vous éviterez ainsi l’apparition d’herbes indésirables au retour du printemps. Répartissez-la sur une épaisseur de 10 à 15 cm (voire 20 cm) pour une protection maximale.

Écorces de pin
Ce paillis est à réserver aux végétaux acidophiles comme les plantes de terre de bruyère par exemple. On peut citer les érables du Japon, les hortensias, les rhododendrons, les azalées, les andromèdes ou encore le skimmia du Japon. En effet, en se décomposant, l’écorce de pin maintient l’acidité du sol tout en offrant une isolation durable.
Prévoyez une couche de 5 à 8 cm autour de vos plantes pour une bonne protection. De plus, l’écorce de pin étant dense, veillez à aérer le sol au printemps pour éviter tout compactage.

Compost et fumier
Premier paillis utilisé avec la paille, le fumier ou le compost est intéressant pour enrichir votre sol tout en le protégeant. L’un comme l’autre doit, en revanche, être bien décomposé avant d’être utilisé. Sinon, il risquerait de brûler les racines et la base de vos plantes.
Une fine couche de 3 à 5 cm est suffisante. Vous pouvez néanmoins la compléter avec un autre paillis si vous le souhaitez.

Copeaux de bois
Couramment utilisés pour les massifs, les copeaux de bois ont une durée de vie plus longue que d’autres paillis organiques. Ils sont parfaits pour des zones nécessitant peu d’entretien, comme les massifs isolés.
Plus économiques et écologiques, privilégiez les copeaux de bois naturels. En effet, ceux qui sont colorés peuvent contenir des éléments nocifs pour le sol.
Pour une protection efficace, disposez une couche de 5 à 7 cm autour de vos plantes.

Les paillis atypiques
De nouveaux matériaux ont progressivement fait leur apparition sur le marché du paillage. On peut citer par exemple le lin, le chanvre, les coques de cacao, et même les fibres de noix de coco. Néanmoins, ces deux derniers, étant plus exotiques, ne sont pas forcément les plus durables d’un point de vue environnemental.
Dans tous les cas, prévoyez une couche de 5 à 10 cm pour protéger vos plantes avec ces paillis.
Peut-on pailler toutes les plantes en hiver ?
La réponse à cette question est oui dans la très grande majorité des cas. Cependant, pour toute règle, il existe des exceptions. Concernant le paillage, évitez de l’appliquer autour des plantes sensibles à un excès d’humidité telles que le romarin, le thym, la lavande ou les sédums par exemple. Le risque serait de faire pourrir le collet ou les racines.
Faut-il retirer le paillage après l’hiver ?
Un peu comme le jardinage avec la Lune, la réponse à cette question dépend des jardiniers. Certains diront que oui, afin de laisser le sol se réchauffer et faciliter la reprise des plantes. D’autres diront que non, arguant que dans la nature, le paillis reste toujours en place.
La meilleure solution est peut-être de vous faire votre propre opinion en testant les deux solutions.
En conclusion, le paillage hivernal est une solution naturelle et écologique pour protéger vos plantes du froid, tout en enrichissant le sol. En choisissant un paillis adapté aux besoins des végétaux et en respectant quelques gestes simples, vous préparez ainsi votre jardin à affronter les rigueurs de l’hiver.
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